Mathias Diatta
sculpte des oiseaux par passion
Dans
les livres et dans les bois, il observe, puis reproduit ...
Rendez vous à Oussouye ..Vous le trouverez, un peu timide, dans sa maison de Kahinda, au
détour d’une piste à l’ombre des grands arbres.
S’il n’est pas là, c’est qu’il est parti dans la forêt à la
recherche de sa matière première : du bois tendre de fromager, pour
le corps des oiseaux, et du bois d’acacia (halagnindé en diola),
plus dur, pour les pattes.
Sa passion lui est venue tout d’un coup, lorsqu’il a quitté l’école
en classe de première, en 1994.
Destiné à devenir récolteur de vin de palme, comme son père, il
observe autour de lui, se procure un livre sur les oiseaux,
rassemble ses outils et commence à sculpter. Des martins-pêcheurs,
des sternes, des tisserins, des grues couronnées, des coucals, des
vanneaux armés, des merles métalliques, des cochevis huppés...
Au fil du temps il se perfectionne.
Du bois brut les volumes
prennent formes, incertaines d’abord, puis plus précises à l’issue
d’un long polissage.
La peinture finale donne à l’ensemble des couleurs plus vraies que
nature.
Et si vous lui montrez des photos de fauvettes, de linotte, de
mésange ou de rossignol, oiseaux qu’il n’a jamais vu voler, il saura
les reproduire.
Pour le plaisir, Mathias a mis au point la grenouille qui coasse :
Elle tient dans sa bouche un petit bâton patiemment sculpté. Il
suffit de le lui ôter et de le frotter sur la crête dont elle est
affublée pour se croire au milieu des marais...
Mathias fabrique aussi des grands bonhommes en bois, des louches à
vin de palme, des ustensiles de cuisine, des tabourets... Toujours
avec le goût du travail bien fait.
Où trouver les sculptures de Mathias ?
Boutique
chez François Diedhiou, alias Pompidou, face gare routière,
Oussouye. Tél. : +221 77 576 44 19
La fête du Roi
d’Oussouye dans le royaume du Kassa…….
Humabel,
la fête du roi d’Oussouye dans le royaume du Kassa en Casamance.
Chaque année, en septembre, une grande fête réunit tous les villages
du royaume : Oussouye, Kahinda, Oukout, Boukitingo, Carounate,
Mlomp...
Fête traditionnelle de
paix et de communion, le Humabel dure plusieurs jours, fin septembre
début octobre, pendant lesquels sont organisés danses, prières et
combats de lutte. Elle est l’occasion de remercier Dieu d’avoir
donné la pluie et de prier pour de bonnes récoltes et pour la paix.
Portant les couleurs de leur village, lutteurs
et lutteuses se défient dans des combats singuliers, organisés selon
les âges et les gabarits des combattants, afin d’éviter une trop
grande disparité.
Les luttes se pratiquent “sans frappe”. La
chute d’un des lutteurs marque la fin du combat, lorsque la tête,
les fesses ou le dos d’un des adversaires touchent le sol.
La danse phare est le « Ekonkone », une danse
Diola, la danse des guerriers.
La fête royale constitue également un moment
privilégié de rencontres pour les notables de la région : le roi
d’Essoukoudiak, les saltigués sérères, les imams mourides...
Découvrez le musée du village de Mlomp
Ce
sont des pièces et autres articles rares de la société animiste
diola qui sont entreposés dans une case à impluvium qui fait office
de musée sur la grande place publique de Djikomole à Mlomp.
Des objets qui permettent de faire un
voyage dans l'univers du « traditionalisme » et de « l'animisme ».
Le musée de la culture traditionnelle diola de la grande place de
Djikomole plonge le visiteur dans l'univers du diola animiste avec
une vingtaine de pièces inédites et de quatre grands fétiches qui
donnent un cliché sur l'organisation sociale des communautés
traditionnelles.
D'abord la case à impluvium conforte
le bien fondé de l'utilisation du bois du fromager dans l'habitat.
Les portes, les fenêtres et la charpente de la case à impluvium ont
toutes été taillées sur du bois de fromager. L'intérieur du musée a
été construit à l'image des cases traditionnelles qui offrent au
bénéficiaire des atouts pour faire face à l'agresseur et à toute
invasion.
On ne peut pénétrer dans une case à
impluvium sans perdre deux bonnes minutes avant de se familiariser
avec l'environnement immédiat. Un temps qui permet d'identifier
l'intrus et de réagir en conséquence. Passé ce temps de latence, la
lumière du jour vous viendra de la partie centrale de la case qui
est ouvert au ciel dans l'optique de recueillir dans le même esprit
l'eau de pluie et tous les avantages qui viennent de l'extérieur.
Le conservateur du musée, déroule
quotidiennement son exposé face aux visiteurs et autres personnes en
quête de découvertes. Il explique la culture diola sous toutes ses
formes avec à l'appui les pièces et les fétiches pour donner un sens
à ses propos. Tous les articles exposés sont des réponses des
communautés diolas face aux difficultés de la vie.

La cohabitation entre tribus hostiles
a tout naturellement développé des réponses du côté de l'armement.
Le musée expose des lances utilisées jadis pour faire la guerre dans
les engagements de corps à corps.
Ces lances sont aujourd'hui utilisées
dans les danses funéraires qui sont célébrées uniquement pour les
personnes mariées. Un casse tête traditionnel qui sert à achever une
victime, tout comme un arc pour la chasse et la guerre, une carapace
de tortue de mer qui fait office de bouclier face aux flèches et
lances, la peau d'hippopotame au niveau ventral qui est aussi un
bouclier efficace contre les lances et les balles à plomb ;
tout un arsenal qui a servi à
perpétuer et à sauvegarder les intérêts et l'existence de ces
communautés face aux envahisseurs. La seconde vague des pièces
exposées est relative aux outils et ustensiles de production.
Ce sont diverses sortes de canaris,
des nasses et autres pagaies pour la pêche, la ceinture et les
outils pour la récolte du vin de palme et des noix de palme, le «
Kadiandou » ou la houe diola pour la culture et la flûte utilisée
pour alerter les populations.
Réincarnation humaine
Chez
les animistes, la vie de l'individu est liée à celle d'un ou de
plusieurs fétiches protecteurs qui servent les intérêts de la
communauté.
C'est tout à fait naturel que le
musée expose quatre pièces essentielles dans l'organisation sociale
de la communauté diola. Le premier fétiche diola « Kou Khouloume »
est un fétiche protecteur. Quand une personne décède, tous les biens
de ce dernier sont gardés à côté du fétiche. Le 6e ou 7e jour,
l'esprit du mort vient reprendre son bien. Dans la culture diola on
croit à la réincarnation.
Le mort n'est jamais mort, d'autant
que l'âme du défunt revient toujours pour prendre son bien et
repartir. La réincarnation s'explique par les nouvelles naissances
qui sont dénombrées dans les familles. Un second fétiche exposé dans
le musée permet aux adeptes de la religion traditionnelle de se
confesser comme le font les catholiques devant un prêtre.
Chez le diola toute personne qui n'a
pas encore eu d'enfant (c'est valable pour un homme ou une femme)
n'a pas le droit de voir une femme en travail dans une maternité ou
chez une matrone. Pour réparer un tel tort, la personne en faute est
obligée de porter au fétiche une gerbe de riz et un objet valeureux
en offrande pour se confesser. C'est le rite du « Ka Khusso ».
Un
troisième fétiche est représenté par un crâne de porc. Le crâne de
porc est sacrifié au fétiche pour le mariage traditionnel. Un homme
n'a pas le droit de prendre une femme sans donner un porc à la belle
famille. Le porc qui constitue la dot est sacrifié afin d'avertir le
fétiche que la fille quitte la famille pour aller vers une autre
famille. C'est en définitive une forme de cérémonie d'Adieu.
Si l'homme ne donne pas le porc en
sacrifice, sa femme court le risque de ne pas avoir des enfants ou
de mourir. Il existe d'autres formes de dots dans la culture diola.
Un tout dernier fétiche a pour fonction de veiller sur le respect de
certaines valeurs de la société. Le vol est interdit dans la société
diola. C'est pourquoi, quand on ramasse un objet, on le dépose au
niveau du fétiche.
Les gens qui enfreignent cette loi
portent avec eux le malheur perpétuel qui peut se matérialiser soit
par un incendie, soit par la mort de ses proches ou la perte de ses
biens. Pour réparer la faute, les parents de l'intéressé et le
fautif doivent se confier au féticheur. Et généralement pour
exorciser le mal, on doit donner comme offrande, une chèvre, un porc
et 60 litres de vin de palme.
Tout ce qui est donné au féticheur
appartient à la société. La cérémonie sera célébrée en présence des
notables et de tous les membres de la communauté qui connaissent le
malfaiteur, ce qui est une honte pour sa famille.
C'est pourquoi, un vrai diola qui est
ancré dans la tradition, ne vole point.
VISITER LA FERME AUX CROCODILES
DE DJIBELOR
Gérard Wartraux, surnommé “Pépé
Barricades” (à l’époque de Mai 68 à
Paris), a eu le coup de foudre pour l’Afrique il y a 32 ans. Depuis,
ce sexagénaire élève des crocodiles dans une plantation en
Casamance, région du Sud du Sénégal qui l’a totalement adopté.
Gérard a activement participé aux évènements de Mai 68, qui lui ont
valu ce sobriquet de “doyen” de la contestation, alors qu’il avait
25 ans. “Mai 68, ça a coïncidé avec la fin de mes études. C’était
une belle époque, un vent de liberté a soufflé sur la France. On a
de très bons souvenirs, même si on respirait des gaz lacrymo en
permanence”, raconte-t-il avant d’évoquer le début de son aventure
africaine.
“Je suis arrivé en 1969 pour faire mon service militaire en tant que
prof’ dans une école d’agriculture, puis j’ai découvert la Casamance
et je suis resté”, se souvient Gérard, attablé devant une bière à
l’ombre de sa demeure de Djibelor, village situé à quelques
encablures de Ziguinchor, principale ville de Casamance. Ce qui l’a
convaincu ? “C’est déjà la gentillesse des gens. Ici, on vit dehors
et tout le monde se parle, alors qu’en France on vit derrière la
porte de son appartement et puis on n’ouvre pas”, sourit cet homme à
la peau tannée arborant une casquette crasseuse sur une queue de
cheval poivre et sel.
“A Ziguinchor, je connais environ 10.000 habitants, mais tous les
300.000 me connaissent”, se vante celui qui, de l’avis général, est
devenu une célébrité locale. “Gérard et une figure dans la région.
C’est un grand travailleur qui intervient pour tous les gens qui
viennent lui demander quelque chose”, raconte “l’autre” Gérard,
gérant du restaurant de la plantation où on peut déguster de la
viande de crocodile en civet ou en brochettes. “Gérard est chez lui
en Casamance. Il nous rend beaucoup de services. Il aide le village
pour les semences, il emploie les jeunes du village, c’est devenu un
vrai Sénégalais”, confirme Mamadou Kane, infirmier à la retraite de
81 ans qui habite Djibelor, petit hameau de 150 âmes. “J’ai la seule
voiture du village. Ma spécialité, c'est de conduire les femmes
enceintes à l’hôpital en ville. Je m’occupe aussi de transporter les
personnes décédées”, explique l’intéressé en parcourant sa
plantation de 30 hectares.
Le domaine comprend une ferme d’élevage où s’entassent 280
crocodiles du Nil de tous âges, une plantation de fruits tropicaux
(bananes, papayes, mangues, ananas, avocats, mandarines, etc) et
plus de 500 espèces différentes de plantes ornementales.
“Je travaillais dans cette plantation pour un toubab (”Blanc”, en
langue wolof), mais ça ne marchait pas du tout. Alors il me l’a
vendue et je l’ai développée”, rappelle celui que tout le monde
appelle “Gérard”. “Et puis j’ai hérité des crocodiles, qui font
rentrer un peu d’argent” avec les peaux, la viande et les trophées,
détaille cet homme aux allures d’”aventurier baba cool” à la barbe
fournie invariablement muni d’un couteau de chasseur et de sandales.
Gérard emploie une vingtaine de manœuvres agricoles et un
pépiniériste, qui ont essuyé avec lui pas mal de tempêtes.
“En 1998, c’était le plein « boum-boum » ici. Il n’y avait plus de
touristes du tout” alors qu’un conflit faisait rage entre les
indépendantistes casamançais et l’armée sénégalaise. “Le village a
été attaqué sept fois, tout le monde avait déménagé en ville sauf
deux familles, dont la mienne. J’avais prévenu les gens que j’étais
bien armé et prêt à me défendre, et personne ne m’a attaqué”, se
souvient-il.
Marié à une Sénégalaise, Gérard voit rarement son fils et sa fille,
nés d’une précédente union en France, mais il semble toutefois
déterminé à prendre racine en Casamance. “Ca fait 15 ans que je
n’ai pas été en France. J’ai choisi le Sénégal et je n’ai jamais
remis en cause mon choix. Ma tombe est ici, elle m’attend, tout est
prévu", rigole-t-il avant d’avaler une nouvelle gorgée de
“Gazelle” (bière locale).
source : AFP
L'Océanium a atteint son objectif
Planter
30 millions de palétuviers en moins de trois mois !
La
campagne de reboisement, qui a mobilisé plus de 78 000 personnes et
323 villages, a permis de planter plus de 34,7 millions de
propagules dans les régions sénégalaises de la Casamance et du Sine
Saloum du 31 juillet au 1er novembre 2009.
En
Casamance, c'est plus de 27 millions de palétuviers qui ont été
plantés et près de 8 millions dans le Sine Saloum.
C'est la première fois au monde que plus de 30 millions d'arbres ont
été plantés en trois mois, mais l'Océanium veut maintenant atteindre
une réalisation annuelle de 100 millions de plantes, et cela, grâce
au concept de jumelage entre les villages qui permettra à ces
derniers de reboiser ensemble.
L’Océanium
mène chaque année depuis 2006 des actions de
reboisement avec et pour les populations locales.
Le
30 septembre 2006 l’Océanium s’est lancé dans une première opération
test de reboisement de palétuviers du genre rhizophora et 65 000
plants ont été plantés en partenariat avec les populations
résidentes à Tobor,
village situé sur la route de Ziguinchor – Bignona. Les très bons
résultats atteints, 85 % de reprise après un an, sont le fruit d’un
travail en profondeur.
La
parcelle reboisée avait été choisie judicieusement dans le but
d’être visible de tous.
L’impact a été considérable car de nombreux référents des villages
alentours, sensibilisés par les résultats encourageants de Tobor,
nous ont sollicité spontanément suite à cela pour l’organisation
d’actions de reboisement dans leur zone. Cela a vivement encouragé
l'Océanium à reconduire cette opération à une plus grande échelle.
C’est ainsi que près de 500 000 palétuviers ont été plantés en 2007
dans une dizaine de villages. Une première réunion de suivi qui a eu
lieu en décembre 2007 laisse prévoir des bons résultats malgré le
déficit pluviométrique qui ne joue pas en notre faveur cette année.
Par
ailleurs ces actions accompagnées d’un lobbying médiatique ont
amorcé une dynamique au niveau de l’ensemble des régions de basse
Casamance et les populations sollicitent régulièrement l'Océanium
spontanément afin d’obtenir un appui pour mener des actions de
restauration de mangrove dans leur zone.
En
2008, il a été décidé de multiplier par 10 l'objectif 2008 avec le
projet 5 000 000 de propagules en Casamance. Cet objectif a été
atteint avec plus de
6 000 000 propagules plantés entre septembre et octobre 2008.
Pour
2009, la barre a été relevée à 30 millions de palétuviers et c'est
au final
34,7 millions de propagules qui ont été plantés du 31 juillet au 1er
novembre 2009. Cela grâce à la mobilisation de 78 000 personnes
et 328 villages des régions de Casamance et du Sine-Saloum.
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